Estimer le gisement solaire réel
Le gisement solaire conditionne le productible : on raisonne en kWh produits par kWc installé et par an. En France métropolitaine, l'irradiation utile va d'environ 1 050 kWh/m²/an au nord à plus de 1 600 au sud. Mais la donnée brute ne suffit pas : l'orientation, l'inclinaison et surtout les masques (bâtiments voisins, cheminées, édicules techniques, végétation) réduisent le rendement. Une simulation via PVGIS ou un outil équivalent, calée sur les coordonnées exactes et le relevé des ombrages, donne un productible horaire. C'est cette courbe, et non une moyenne annuelle, qui sert de base au dimensionnement, car l'autoconsommation se joue heure par heure.
Caler la puissance sur la consommation
Dimensionner consiste à superposer la courbe de production solaire et la courbe de charge du site, idéalement au pas de 10 minutes ou horaire sur une année. Un atelier qui tourne en journée absorbe naturellement la production ; un site à pics matin et soir en consomme peu sur place. La puissance optimale est celle qui maximise l'énergie consommée directement sans générer de surplus structurel. En pratique, on vise une puissance crête couvrant la consommation diurne de base, pas le pic de production estival. Le compteur Linky, en relevant la courbe de charge existante, fournit la donnée d'entrée la plus fiable pour ce calage.
Taux d'autoconsommation et d'autoproduction
Deux indicateurs structurent la décision. Le taux d'autoconsommation mesure la part de la production solaire consommée sur place ; le taux d'autoproduction, la part de la consommation totale couverte par le solaire. Les deux varient en sens inverse avec la puissance installée : plus on agrandit le champ, plus l'autoproduction grimpe mais plus l'autoconsommation chute, car le surplus augmente. La rentabilité en autoconsommation reposant sur l'énergie non achetée, on cherche un taux d'autoconsommation élevé, souvent 70 % et plus sans stockage. L'ajout d'une batterie ou le pilotage de charges déplaçables (ballon, process, IRVE) permet de relever ce taux sans surdimensionner.
Calepinage et productible réel
Le calepinage définit l'implantation des modules sur la toiture : nombre de panneaux, orientation des chaînes, espacements anti-ombrage et zones de circulation. Sur toiture-terrasse, l'angle entre rangées détermine la densité : plus l'inclinaison est forte, plus l'écartement doit l'être pour éviter l'auto-ombrage matinal et hivernal. On compose ensuite les strings selon la plage de tension MPPT de l'onduleur, en groupant les modules de même orientation pour limiter les pertes par mismatch. Le calepinage final arbitre entre puissance maximale et productible spécifique : densifier au-delà d'un certain seuil ajoute des kWc qui se font de l'ombre et dégradent le rendement par panneau.
Raccordement et démarche ENEDIS
Le raccordement conditionne le calendrier autant que le coût. En autoconsommation avec injection du surplus, la demande passe par ENEDIS et le régime dépend de la puissance : jusqu'à 36 kVA, procédure simplifiée ; au-delà, étude de raccordement, proposition technique et financière, et parfois renforcement réseau. Une convention d'autoconsommation sans injection (surplus à zéro) allège la démarche mais oblige à brider l'onduleur. La puissance de raccordement doit être cohérente avec le calepinage et la puissance crête : un dossier annonçant une puissance d'injection incohérente avec l'installation déclenche des allers-retours et décale la mise en service. Anticiper le délai d'instruction est essentiel sur un planning de chantier.
Vérifier la structure du support
Aucun calepinage ne tient sans validation de la capacité portante du support. Une installation ajoute une charge permanente (modules, structure, lestage en terrasse) à laquelle s'ajoutent neige et vent selon l'Eurocode et la zone climatique. Sur bâtiment existant, une note de calcul de structure vérifie que charpente, pannes et couverture acceptent ces surcharges, et qualifie les points d'ancrage et l'étanchéité. En toiture-terrasse, le lestage doit composer avec une charge admissible souvent limitée. Cette vérification, du ressort du pôle génie civil et structure, est un préalable bloquant : un contrôle déterministe du dossier d'exécution, comme celui que permet ALMYS AI, fiabilise la cohérence entre charges, calepinage et hypothèses de calcul avant travaux.
- Dimensionner sur la courbe de charge réelle (relevé Linky), pas sur la surface de toiture disponible.
- Privilégier un taux d'autoconsommation élevé : la rentabilité vient des kWh non achetés, pas du surplus injecté.
- Le calepinage arbitre entre puissance crête et productible : densifier à l'excès crée de l'auto-ombrage.
- Valider la capacité portante du support et anticiper le délai de raccordement ENEDIS avant de figer le dossier.
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